Les plantes de la Saint Jean

Publié le 29 Juin 2017

« Les herbes de la Sain- Jean gardent leurs vertus tout l’an »

« Les herbes de la Sain- Jean gardent leurs vertus tout l’an »

Il y a encore peu de temps, la cueillette des herbes de la Saint Jean était une pratique courante en France.

Au solstice d’été, le 21 juin, le soleil atteint le point le plus septentrional le long de l’horizon et part pour un long voyage vers le sud jusqu’au solstice d’hiver à la mi-décembre. C’est le jour le plus long de l’année et l’événement est fêté par tous, en allumant des feux de joie purificateurs et régénérateurs pour célébrer le soleil au sommet de sa puissance. Les feux donnaient aussi d’une manière rituelle de la force au soleil pour faire mûrir les fruits, les grains et protégeaient les hommes et le bétail des maladies.

De nos jours, la fête a lieu le 24 juin pour la Saint Jean Baptiste et on attend comme par le passé, le levé du soleil pour lui souhaiter la bienvenue.

Alors, cueillies très tôt le 24 juin, avant le lever du soleil afin que les plantes gardent la rosée déposée sur les feuilles et les pétales, les simples du solstice d’été revêtent un caractère magique : elles seront utilisées pour réaliser des potions, des philtres et des charmes.

Toute la matinée, elles sont un concentré de ces forces qui retournent à la terre dès midi.

Les floraisons de l’été gagnent donc à être cueillies ce jour-là.

 

Leurs vertus sont alors à leur apogée et chaque herbe a sa fonction particulière : protéger les hommes et les animaux contre les maladies, augmenter la virilité, faciliter les accouchements, éloigner les incendies, le mauvais-œil…

Quant à la précieuse rosée, outre sa qualité d’allonger la vie, elle aurait le pouvoir de chasser les démons et d’annihiler le pouvoir maléfique des plantes vénéneuses.

La main qui cueille se doit d’être pure, et le cœur aussi frais et léger que vos mains. Il est aussi conseillé d’aller à la cueillette pieds nus et de marcher à reculons vers la plante avec un couteau d’or si possible. C’est à cause de ces pieds nus que certains cueilleurs, marchant sur une étrange herbe, perdent la mémoire (ainsi que le rapportent certains contes traditionnels)...

 

Plantes et planètes

La fête de la Saint-Jean est jour de pleine lune. On pensait que les planètes avaient une grande influence sur les propriétés des plantes, aussi la cueillette s’effectue en relation avec la position des astres, notamment la lune et le soleil. Chaque planète régit des herbes particulières : le soleil pour l’Angélique, la lune pour la Mandragore et l’Iris…

Les herbes de la Saint-Jean poussent à l’état sauvage dans les prairies, grâce à elles, nos anciens pouvaient parer aux petits maux de tous les jours.

Tout est utilisé : fleurs, feuilles, tiges ou racines, à tour de rôle séchées, infusées, réduites en poudre, laissées macérer, sous forme d’huile ou en tisane… Nos anciens connaissaient les bienfaits de chacune de ces herbes et les préparaient pour passer une année à l’abri des maladies.

 

La St Jean d’été et la St Jean d’hiver
Dans notre calendrier, nous trouvons deux fêtes de la Saint Jean : Saint Jean Baptiste, la Saint Jean d’été, le 24 Juin, et Saint Jean l’Evangéliste, la Saint Jean d’hiver, le 27 Décembre, solstice d’hiver et solstice d’été, séparés de 6 mois, en face à face dans notre année.

 

Les fêtes solsticiales ne reflètent pas le caractère des saisons.
Le solstice d’hiver, saison habituellement froide, triste et sombre, inaugure en fait le début de la phase ascendante du soleil dans le ciel vers la lumière. Le solstice d’été, saison d’ordinaire chaude, joyeuse et claire, amorce au contraire la phase descendante de l’astre vers l’obscurité.

Ces fêtes solsticiales renvoient au symbolisme romain de Janus, le dieu à double visage, qui regarde à la fois en direction de la phase ascendante et de la phase descendante du soleil. Son nom vient de «janua » qui signifie porte : ce sont les portes solsticiales qui créaient l’alternance des saisons et des cycles végétaux.

Janus s’est mué dans la tradition chrétienne en deux St jean : la Saint-Jean d’hiver (Jean l’Évangéliste fêté le 27 décembre) et la Saint-Jean d’été (Jean le Baptiste fêté le 24 juin).

C’est de ce double symbole universel, présent dans bien des civilisations depuis la nuit des temps (Le Roi du Houx et le Roi du Chêne dans la mythologie celtique), qui rend honneur au cycle immuable de la nature, que sont issues la Saint Jean d’été à la St Jean, et la St Jean d’hiver
à Noël : l’une conduit à l’autre.

 

Les sept plantes majeures de la Saint-Jean d’été :
Pour certaines traditions, il y a 4 plantes sacrées:

Bouillon blanc, Bourrache, Millepertuis, Joubarbe.
Pour d’autres il y en a 7 : Achillée millefeuille, Armoise, Joubarbe, Lierre terrestre, Marguerite, Millepertuis et Sauge.

Auxquelles se rajoutent, pour atteindre les 27 herbes de la St Jean, 20 autres « cousines estivales »:
Angélique, Aubépine, Bourrache, Capucine, Chélidoine, Gentiane, Hysope, Lavande, Marjolaine, Mauve, Mélisse, Menthe, Myrte, Pimprenelle, Plantain, Reine des prés, Romarin, Serpolet, Thym et Verveine.

Il est mille autres herbes de la Saint-Jean car chaque contrée a ses préférences, ses plantes compagnes, son savoir. En fait, les herbes de la St Jean désignent les Simples, c’est-à-dire encore les plantes médicinales !

 

Ces nombreuses herbes guérisseuses, cueillies à l’apogée du soleil en St Jean d’été, ont été utilisées depuis longtemps pour soigner car elles possèdent de nombreuses propriétés thérapeutiques reconnues aujourd’hui.

L’Achillée millefeuille l’herbe aux coupures, prisée d’Achille et de ses guerriers qui en exprimaient le suc frais pour guérir leurs blessures.  Elle donne aussi force et tonus, soigne les parasites intestinaux et est antispasmodique.
En infusion de fleurs, 30 g par litre, trois tasses par jour.

L’Armoise dite Artémise ou couronne de Saint Jean, soigne les troubles féminins et fortifie l’appareil digestif.
Infuser de 10 à 15 g par litre d’eau pendant 1/4 d’heure et boire trois tasses par jour entre les repas.

La Joubarbe dite Artichaut des murailles ou Barbe de Jupiter. Elle soigne les problèmes de peau : dartres, cors, gerçures, piqûres, que l’on guérit avec des cataplasmes de feuilles fraîches pliées. Elle est aussi réputée protèger les maisons de la foudre.

Le Lierre terrestre  dit Courroie de Saint-Jean tant il rampe et s’allonge, dans les bois et les haies, pour porter ses fines tiges à fleurs en gueules violettes. On ramasse la plante entière pour lutter, l’hiver venu, contre les rhumes et les bronchites.
Infuser 10mn 1 cuillérée à café de plante sèche dans une tasse et boire trois ou quatre tasses par jour entre les repas.

La Marguerite sauvage peut s’utiliser fraîche, le cœur broyé, sur les plaies qu’elle aide à cicatriser.
Sèche et infusée 10mn, une cuillérée à soupe de fleurs par tasse, soignera les conjonctivites.

Le Millepertuis  dit Chasse-diable soigne les brûlures et les douleurs rhumatismales. On cueille les fleurs d’or sur les bords des chemins et dans les prés ensoleillés. On en remplit un bocal de verre blanc, on les recouvre d’huile d’olive et on expose au grand soleil pendant trois semaines.
Après filtrage, on obtient une huile d’un beau rouge que l’on garde bien bouchée.
Voilà de quoi soulager et soigner les brûlures, en onction, et calmer les douleurs rhumatismales en friction.

La Sauge aide à la digestion. La «toute-bonne» Salvia, du latin salvare qui signifie sauver, guérir, est si puissante qu’il ne faut pas hésiter à l’installer dans son jardin. Elle antiseptique, antispasmodique,stimulante, tonique, fébrifuge, emménagogue...
Infuser pendant 5 à 10 minutes de 1 g à 3 g de feuilles séchées dans 150 ml d’eau bouillante. Boire 3 fois par jour pour les troubles digestifs, bouffées de chaleur ou transpiration excessive.

 

Il n’y a aucun intérêt de les collecter toutes en grandes quantités, mais les sept énumérées ci-dessus permettent de faire face aux petits maux de tous les jours.

Notons que ces plantes entrent désormais dans la pharmacopée reconnue.

«Avant la Saint Jean, pluie bénite, après la Saint Jean, pluie maudite.»

Rédigé par Association Cueillir

Commenter cet article